France

« L'imaginaire du féodalisme »

1789 : lorsque se réunissent les Etats généraux, les représentants des sujets du roi ont été distingués entre le clergé, la noblesse et le tiers. L'Ancien Régime s'est construit sur cette image d'une société où les hommes se répartiraient en trois ordres hiérarchisés, ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent. Une image héritée du haut Moyen Age et que l'on croyait s'être facilement imposée. Dans un important ouvrage sur Les Trois Ordres ou l'imaginaire du féodalisme (Éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque des Histoires »), Georges Duby montre aujourd'hui que cette représentation idéale de la société médiévale en trois groupes n'a pas été immédiatement acceptée : son triomphe dans le Nord de la France aux XIe et XIIe siècles est le fruit d'un vaste mouvement d'ensemble de l'économie, de l'organisation politique et de la culture d'une société. C'est la première fois qu'un historien, partant de l'économie et des mentalités, interroge systématiquement la manière dont la société féodale s'est elle-même représentée.

Le désastre de 1940

Selon Montesquieu, « Si le hasard d'une bataille, c'est-à-dire une cause particulière, a ruiné un État, il y avait une cause générale qui faisait que cet État devait périr par une seule bataille. » Stanley Hoffmann, professeur à Harvard, fait ici le point de la recherche sur la bataille perdue de 1940.

Les filles de noce

Au moment où la campagne d'un député en faveur d'un retour aux « maisons closes » manifeste, une fois de plus, l'ambiguïté des attitudes face à la prostitution, un livre paraît qui retrace l'histoire, depuis deux siècles, du « plus vieux métier du monde ».

Les superstitions populaires au temps de Louis XIV

Au XVIIe siècle, l'Eglise a déclenché, au nom de la foi catholique, une offensive contre les croyances et les pratiques superstitieuses de la religion populaire. C'est en faisant - pour les combattre - la liste des superstitions de son temps qu'un curé plein de zèle, Jean-Baptiste Thiers, est devenu pour nous ethnographe sans le savoir.

Les livres de cuisine, de Gutenberg à l'Encyclopédie

Après René Harot qui, dans le numéro 6 (novembre), nous a décrit un repas d'enterrement au temps de Romulus, le deuxième invité de cette chronique est Alain Girard, conservateur adjoint des bibliothèques de la ville de Caen, auteur d'un remarquable article intitulé « Le triomphe de la Cuisinière bourgeoise[1] », a accepté de nous parler aujourd'hui de la question dont il est le meilleur spécialiste en France : la littérature culinaire, du Moyen Age au XVIIe siècle.

Il n'y a plus de mode, Madame

Le Metropolitan Muséum of Modem Art de New York vient de rendre un hommage à Richard Avedon et aux trente ans de photographie qu'il a passés au service de la mode. Cortège pour un enterrement ? La notion de mode, en tout cas, paraît avoir vécu.

Le corps a son histoire

« Tiens-toi droit » : c'était il y a peu le premier des commandements d'une pédagogie hantée par la scoliose des mauvaises habitudes scripturaires et les poitrines creuses de la tuberculose.