États-Unis

Le mythe de l'Ouest américain

Plus d'un siècle après la fin de sa conquête, l'Ouest continue de fasciner les Américains. Mais les pionniers et les cowboy s légendaires, tel Buffalo Bill, n'en sont pas les seuls symboles. «La plus américaine des régions de l'Amérique» représente aussi le refuge des valeurs traditionnelles, la pureté des grands espaces opposée à la corruption de la société moderne. Ce n'est pas un hasard si les premiers écologistes américains sont apparus à l'Ouest, dans les années 1890, pour protéger les forêts menacées par le développement industriel.

Ah ! si la guerre était morale !

Non, F Amérique ne suivra pas l'exemple des nazis qui ont mis à feu et à sang Guernica l'Espagnole en 1937 et Coventry l'Anglaise en 1940... Oui, l'Amérique fera une guerre propre, conforme à la morale qu'elle défend depuis deux siècles. Elle vaincra Hitler sans devenir barbare. Hélas! elle n'y parviendra pas. Au reste, la démocratie peut-elle combattre la barbarie sans se souiller elle-même?

Les Américains au Viêt-Nam : l'engrenage

3 millions d'hommes engagés, 57 000 morts, 300 000 blessés. L'Amérique n'en finit pas de s'interroger sur la guerre du Viêt-nam. Oui est responsable ? Au banc des accusés, les présidents Kennedy et Johnson, qui ont officiellement pris la tête de la guerre au début des années soixante. Quant aux historiens, ils nous disent aujourd'hui que pour comprendre l'engagement américain au Viêt-nam, il faut remonter à l'année 1941.

Les Américains, spectateurs engagés

« Si les États-Unis n'entrent pas en guerre à très brève échéance, le destin du monde va changer »... Ce 14 juin, en pleine débâcle, le chef du gouvernement français, Paul Reynaud, vient de lancer l'appel de la dernière chance. En vain. Le président Roosevelt refuse d'engager son pays dans la « guerre des autres ». Pourtant l'opinion américaine ne reste pas insensible au drame européen. Au point que son isolationnisme traditionnel en est ébranlé.

Sacco et Vanzetti : autopsie d'une affaire (1921-1989)

Le 23 août 1927, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti passent sur la chaise électrique de la prison de Charlestown, Massachusetts. Les deux anarchistes italiens ont-ils été victimes d'une erreur judiciaire ? Leur procès a, en tout cas, mobilisé l'opinion internationale. Pour leurs accusateurs, les deux émigrés étaient de dangereux « rouges » étrangers.

Pour leurs défenseurs, ils restent les victimes symboliques d'une Amérique xénophobe, saisie par la « chasse aux sorcières ». L'affaire continue d'inspirer chanteurs et cinéastes. Elle a une dimension mythique et politique, qui efface, en partie, la vérité historique.

Pierre Milza la rétablit ici dans ses multiples composantes, à la lumière des derniers documents publiés aux États-Unis. Sans taire les polémiques qui entourent la culpabilité ou l'innocence de Sacco et Vanzetti.

La France est-elle vraiment la patrie des droits de l'Homme ?

Le 26 août 1989, au pied de r Arche de la Défense, le bicentenaire de l'adoption de la Déclaration des Droits de l'homme est célébré en grande pompe. Spectacle, concert et discours du président de la République : tout indique que la France revendique la paternité de ce texte universel. Pourtant, les Déclarations des Droits des États américains ont bien été proclamées avant celle des révolutionnaires français. Alors «notre» Déclaration serait-elle un produit d'importation ? Ce débat, vieux d'un siècle, continue d'opposer historiens «nationalistes» et tenants du modèle américain.

Eugen Weber : révérend, capitaine, historien...

Eugen Weber voulait être militaire ou historien. Il fut les deux. Roumain d'origine, devenu Anglais puis Américain, l'aventurier un peu poète, l'homme de «La Fin des terroirs» et de «L'Action française» se lance dans l'histoire. Avec ce nomade, cet éternel baroudeur, les cloisons sautent. Le Tour de France le passionne autant que les fascismes ou la nostalgie de la France rurale.