L'hippodrome de Constantinople. Jeux, peuple et politique
A travers l'hippodrome de Constantinople, c'est à un précipité de l'histoire byzantine que nous convie Gilbert Dagron.
A travers l'hippodrome de Constantinople, c'est à un précipité de l'histoire byzantine que nous convie Gilbert Dagron.
En 476, un chef barbare, Odoacre, dépose le petit Romulus Augustule. Pour les historiens, cette date symbole marque la fin de l’Empire romain d’Occident. Cependant, plus qu’un événement catastrophique, ce que le Ve siècle a vu se produire, c’est une série de mutations économiques, démographiques et politiques sans précédent.
Après 1204 et le sac de la ville par les croisés, Constantinople est en sursis. Divisé, appauvri, l'Empire byzantin tient cependant encore deux cent cinquante ans. Des siècles de floraison artistique et religieuse où, face à l'avancée turque, la survie s'organise.
Piètres navigateurs, les Arabes ne savent pas, au VIIe siècle, construire des bateaux, ni se diriger sur mer ou mener un combat naval. Ils ont pourtant, dans un formidable élan, anéanti en quelques dizaines d'années l'ordre que faisait régner Byzance sur la Méditerranée.
Ici, 700 mètres seulement séparent l'Europe de l'Asie. Un site incomparable qui a modelé l'histoire de la ville.
Peut-on représenter Dieu ? Au VIIIe siècle, les iconoclastes, contre toute la tradition, rejettent les images pieuses. Plongeant l’empire dans une crise profonde.
Constantinople, inaugurée en 330, a été au coeur d'un empire dont le territoire n'a cessé de s'étendre et de se rétracter, convoité par les multiples voisins et puissances successives, en Orient comme en Occident. Un empire qui a fini par se réduire à sa seule capitale et tomber aux mains des Ottomans en 1453.
Après 1204 et le sac de la ville par les croisés, Constantinople est en sursis. Divisé, appauvri, l'empire dure encore deux cent cinquante ans. Des siècles de floraison artistique et religieuse où, face à l'avancée turque, la survie s'organise.
Pendant mille ans, Byzance a maintenu en Orient, après la chute de Rome, un empire unique et un empereur tenant sa légitimité de Dieu. Peut-être est-ce pour cela que cet empire nous semble si archaïque. C’est oublier tout ce que nous lui devons.
Partis pour reprendre Jérusalem aux « infidèles », les croisés mettent à sac la capitale de l'Empire byzantin. Même le pape ne peut empêcher ce déchaînement de violence entre chrétiens.
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