Chateaubriand ou l'Italie à la mode
L'ambassade à Rome de Chateaubriand, en 1828-1829, n'a laissé que peu de traces politiques et diplomatiques. Mais son prestige d'écrivain a contribué à mettre l'Italie au plus haut dans le goût des Français.
L'ambassade à Rome de Chateaubriand, en 1828-1829, n'a laissé que peu de traces politiques et diplomatiques. Mais son prestige d'écrivain a contribué à mettre l'Italie au plus haut dans le goût des Français.
Après des siècles de marginalisation imposée par le pouvoir des papes, l'intégration des Juifs se fit plus lentement à Rome que dans d'autres villes d'Italie. La présence d'un fort antisémitisme populaire devait perpétuer, au moins jusqu'au fascisme, la logique d'exclusion que l'Église avait institutionnalisée.
Admirateur fervent du modèle antique, rival furieux du pouvoir papal, Napoléon n'a cessé d'être fasciné par Rome. Une ville que, paradoxalement, le maître de l'Europe n'a jamais visitée.
Marchands, artistes, diplomates et pèlerins par milliers : dès le XVIe siècle, tous les voyageurs profitent de leur séjour romain pour visiter la Ville. Une clientèle touristique pour laquelle des auteurs avisés rédigent les premiers guides.
Après le traumatisme du sac de 1527, Rome ne tarde pas à renaître de ses cendres. Ville phare de l'Europe et capitale artistique, la Rome baroque érige le beau en moyen de séduction et de persuasion. Les fastueux décors peints et sculptés des nouveaux édifices religieux manifestent la fierté conquérante d'une Église catholique qui a repris l'offensive.
Babylone maudite, nouvelle Sodome, patrie de l'Antéchrist, Grande Prostituée... Est-ce vraiment de l'immense déception de Martin Luther, découvrant en 1510 les turpitudes de la Rome des Borgia, qu'est né le projet de réforme protestante ?
En invitant le divin Michel-Ange à participer au chantier de Saint-Pierre de Rome, le pape Jules II reprend à son compte l'idée de magnificence, chère aux princes de la fin du Moyen Age. Les relations tumultueuses du plus puissant des mécènes avec un génie tourmenté et fougueux ont donné naissance à d'inégalables chefs-d'œuvre.
Comptant près d'un million d'habitants au IVe siècle, Rome n'en réunissait plus que 25 000 mille ans plus tard. Malgré ce déclin démographique, des quartiers neufs, des constructions monumentales avaient vu le jour, sous l'impulsion du Saint-Siège. Une nouvelle ville s'édifiait lentement, qui allait subsister jusqu'aux temps modernes.
Des les premiers siècles de notre ère, l'évêque de Rome, successeur de saint Pierre, a revendiqué des prérogatives spéciales au sein de la chrétienté. Ce fut le début d'une extraordinaire épopée, où ont alterné les périodes de faste et de déclin. Et, surtout, où s'est sans cesse manifestée une rivalité radicale avec les pouvoirs temporels.
En 410, les Wisigoths entrent dans Rome, qu'ils pillent pendant trois jours. Le Colisée, le Sénat sont endommagés. La ville perd la moitié de sa population. Se pouvait-il que Rome ne fût pas éternelle ?
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